Cthulhu #2 : où les personnages se lancent dans l’aventure

Le début des aventures de nos trois amis dans un monde où Cthulhu existe et attend… C’est du lourd : de l’action, de l’amour, de l’humour ; tout ce qu’il faut pour un parfait Transporteur 189. Lisez plutôt et pardonnez les quelques oublis. Pour connaître les personnages c’est ici.

Le déroulé de la partie

D’un commun accord, nos trois amis décident de se rendre illico dans le bureau du professeur défunt pour commencer cette enquête. Le mobilier, simple et élégant – quoi de plus normal pour un professeur d’université ? – est composé d’un bureau, une étagère où sont rangés des dossiers, une cheminée et un miroir brisé. Les enquêteurs fouillent donc la pièce et y trouvent ceci :

  • dans les cendres : des restes de lettres et de documents concernant la famille Hobbhouse ;
  • une boite d’allumettes provenant du Hibbs Roadhouse ;
  • la carte de l’hôtel Innkeeper ;
  • et c’est tout.

Alors que les recherches se poursuivent, entre dans la pièce une jeune femme qui fait part aux enquêteurs de son étonnement : « Je suis étonnée, dit-elle, de vous trouver là. » Il s’agit d’Emilia Court, l’assistante de Charles Leiter qui l’aidait dans ses recherches. C’est elle (avec le gardien), – fait non négligeable – qui, un matin en se rendant à son bureau, a trouvé le corps gisant à terre. En effet son bureau, à elle, se trouve à côté de son bureau, à lui, mais pour y accéder, à son bureau à elle, elle doit passer par son bureau à lui. (Triste affaire, n’est-ce pas que de ne pas avoir la porte de son bureau qui donne sur le couloir mais directement sur le bureau de son chef ?) Bref, la porte étant fermée, elle a dû appeler le gardien pour qu’il l’ouvre et tout deux ont donc tout été confronté à l’indicible, l’inimaginable, la finitude en même temps que l’infini : la mort. La mort d’autant plus atroce que, selon l’étudiante, le visage de Charles était déformé par l’effroi.

Les investigateurs, à qui rien n’échappe, tirent une autre conclusion : au vu de la disposition du corps dans la pièce il ne fait nul doute que le professeur est mort en regardant le miroir… Inquiétant.

La discussion avec la jeune femme est houleuse. Rowland, qui endosse le rôle du bad cop (technique bien connue et qui a largement fait ses preuves), décide de mener l’interrogatoire de manière frontale et directe. L’étudiante leur apprend que Charles avait changé de comportement quelques temps avant sa mort, il semblait obnubilé et passait beaucoup de temps à travailler : « He was acting crazy… he was… yeah… he was fada as they say in the south of France. » Elle leur dévoile aussi le sujet de ses recherches : les procès en sorcellerie d’Arkham qui se sont déroulés dans les années 1690, et plus particulièrement celui de la devenue célèbre Keziah Mason qui fut jugée puis brulée pour sorcellerie. L’histoire aurait pu s’arrêter là mais une série de morts violentes frappa les habitants d’Arkham (sombre affaire)*.

*Cela donna – et  donne encore – lieu à toutes les théories les plus farfelues (les mêmes extraterrestres qui ont construit les pyramides de Gizeh auraient semé la mort à Arkham) et il faut toute le pragmatisme, la sagacité et l’intelligence de cette étudiante en histoire pour démêler le vrai du faux et établir des vérités historiques.

La jeune femme, fort patiente au demeurant, finit tout de même par se braquer : Rowland n’y va pas de main morte et ce ne sont pas les tentatives désespérées de Pansy et Zadock (qui jouent donc le rôle des good cops) pour tenter de calmer le jeu qui arrangent la situation. Elle quitte cet établissement, un peu fâchée.

Ma mémoire me fait certainement défaut mais il me semble bien que Rowland a essayé de séduire la demoiselle. Malheureusement, cela n’a pas marché.

À la suite de quoi, nos trois héros décident d’aller voir le gardien qui n’a pas grand-chose à leur apprendre si ce n’est l’horaire d’arrivée de Charles Leiter le soir de sa mort : 19 h.

C’est donc le médecin légiste, le docteur John Wheatcroft, que les enquêteurs choisissent d’aller voir. Rowland, probablement vexé qu’Emilia n’ait pas cédé à ses avances (c’est un point que j’avais omis en effet…), charge tête baissée le pauvre homme qui, pardon my french, s’en prend plein la gueule ; non pas physiquement (on n’en est pas encore là) mais l’homme de science parait fragile psychologiquement et le journaliste espère le déstabiliser voyant qu’il semble cacher quelque chose. Mais le toubib tient bon et envoie balader nos sémillants investigateurs. Ces derniers auront tout de même appris que la cause de la mort est bien une insuffisance cardiaque. Mais le médecin a-t-il tout dit ?

C’est donc le cœur lourd que Pansy, Rowland et Zadock se dirigent vers l’Innkeeper où, il faut le dire, ils n’apprennent pas grand-chose si ce n’est que Charles Leiter y venait souvent et, disons-le tout net, plutôt bien accompagné.

Ils se rendent donc au Hibbs Roadhouse. Il s’agit d’une petite enseigne respectable qui propose du thé, du café, des jus de fruits (issus du commerce équitable, bios, healthy, sans conservateur ni gluten) et autres délicieuses boissons désaltérantes. Mais nos enquêteurs ne sont pas dupes et savent bien que dans les années 1920 il faut se méfier de ces bars respectables qui, sous couvert de vendre au client naïf et innocent des breuvages sans alcool, ne sont en fait que des lieux de perdition où le whisky, le rhum et la bières coulent à flot ; des lieux où, selon le pape Pie XI, même le diable n’ose se rendre. C’est par une petite porte dérobée située à l’arrière que les investigateurs pénètrent dans le speakeasy. Là, ils commandent trois verres que la fringante Lucy leur apporte. La conversation, naturellement, s’engage sur la victime et il s’avère que, oui, Lucy reconnaît parfaitement l’homme qui est sur la photo que lui tend Zadock. Charles étaient un client régulier mais elle leur parlera de tout cela à la fin de son service, à 19 h.

Et c’est aussi la fin de mon service de MJ.

Mon avis de MJ

Je me demandais si j’allais être suffisamment prêt. Il se trouve que pour cette première partie les choses se mettent en place doucement, et de toute manière s’il y a une chose que j’ai remarquée c’est que, dans une enquête comme celle-là, les joueurs prennent le temps d’interroger les PNJ d’une part, et de la réflexion d’autre part ; cela nous laisse largement le temps pour penser à la suite, improviser, se référer au scénario si on a oublié un détail, etc.

J’ai dû faire face à un comportement que je n’avais pas tellement prévu : l’agressivité des joueurs envers l’étudiante et le médecin (c’est un vieux réflexe de nos parties d’INS et c’est à vocation humoristique). J’ai donc dû faire un choix : soit je rentre dans leur jeu, on se la joue pump-humour-fun et je les laisse gueuler et tabasser le premier quidam venu (et comme ça on devient selfish, on prend le pognon et on partage pas), soit je joue les PNJ de manière à ce qu’ils se braquent (ce qui semble le plus naturel) et ça bloque l’enquête. Il se trouve que j’avais demandé au préalable aux joueurs (bien m’en a pris) comment ils souhaitaient jouer, et unanimement ils m’avaient répondu que ça devait être sérieux. « Ha ! sacrés lascars, vous pensiez vous en sortir comme ça ? » Résultat, on a joué sérieux : les PNJ se sont braqués et le médecin les a carrément virés de chez lui. On n’entre pas comme ça chez les gens.

Il a fallu que je m’explique à la fin de la partie parce que les joueurs n’ont pas compris pourquoi les PNJ ne livraient pas toutes les informations qu’ils pouvaient. J’ai donc dû expliquer que les PNJ sont censés avoir une vie propre et que, comme tout le monde, des forces (inconnues des joueurs) les poussent à être parfois menteurs, parfois honnêtes, parfois vicieux, etc. Il ne suffit donc pas de mettre un coup de pression pour obtenir ce qu’on souhaite. Je sus désolé.

Je leur mets tout de même 10/10 pour l’ambiance, et à moi aussi pour l’apéro.

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